Photographe dans le Haut-Jura : mon histoire et mon studio

Une page « À propos », c’est bien. Mais certaines histoires méritent davantage de place. Ici, je vous raconte la mienne — d’où je viens, ce qui m’a amenée à ce métier, et ce qui guide mon regard au quotidien. Et parce que la photographie ne se limite pas pour moi aux portraits et aux mariages, je vous présente aussi quelques images de nature et d’architecture : deux univers qui me tiennent profondément à cœur.

Prenez un thé ou un café — il va y avoir un peu de lecture.

photographe haut-jura

De Paris au Haut-Jura : un chemin qui ne ressemble qu'à moi

Je m’appelle Célie Joubert. J’ai grandi à Paris, dans une famille où la photographie n’avait rien d’évident — et pourtant, dès l’adolescence, c’est elle qui m’a attrapée. Pas le numérique d’aujourd’hui, mais l’argentique : le bruit du déclencheur, l’odeur du bain révélateur, la magie de voir une image apparaître sur le papier dans l’obscurité de la chambre noire.

Adolescente, j’étais profondément engagée dans la protection de la faune sauvage — une passion sincère, qui m’a amenée à m’investir bien au-delà de la simple sensibilité. Au point de contribuer, bénévolement, à des travaux de traduction sur des sujets complexes et sensibles liés à la cohabitation entre l’homme et les grands prédateurs. La nature, ses équilibres, ses tensions : des questions qui me fascinaient autant qu’elles m’engageaient.

C’est d’ailleurs par là que tout a commencé, avec l’objectif. Les animaux d’abord, les paysages ensuite — cette façon d’apprivoiser la lumière et le mouvement, d’attendre le bon moment, d’apprendre à se faire oublier pour que la vie continue devant soi. La photographie animalière et de paysage m’a appris une chose essentielle : la patience. Et l’humilité face à ce qu’on ne maîtrise pas.

photographe haut-jura irlande

Avant de me tourner vers l’image, j’avais étudié la psycho-criminologie — un domaine qui, lui aussi, demande de savoir lire les gens, décoder les comportements, comprendre ce qui se passe sous la surface. Ce détour par l’humain et ses complexités n’a rien d’anodin : il a nourri ma façon d’observer, bien plus que je ne l’aurais imaginé à l’époque.

J’ai ensuite suivi une formation de documentaliste iconographe — un métier qui consiste à travailler avec les images des autres, à les classer, les sélectionner, leur donner du sens. J’ai exercé ce métier dans des contextes très différents : une galerie photographique à Toulouse lors de mon stage, une revue historique, puis une entreprise de transport dont je gérais également les archives photographiques. Des univers variés, mais un fil conducteur constant : la conservation des images, leur pérennité, la façon dont on les protège pour qu’elles traversent le temps.

Cette sensibilité à la durabilité des supports, je l’ai profondément intégrée — et c’est quelque chose que j’apporte encore aujourd’hui à mes clients, lorsque je les guide dans le choix de leurs tirages. Papier Fine Art, aluminium, toile, livre relié : chaque support a ses qualités, sa longévité, sa façon de vieillir. Ce n’est pas un détail anodin. C’est une décision patrimoniale.

Documentaliste – iconographe ? Un métier passionnant, qui m’a appris à regarder. Vraiment regarder.

Exposer mon travail, je l’avais déjà fait. Mais c’est l’année dernière, à la 9e édition des Rencontres Photographiques de Foncine-le-Bas — mon village —, que quelque chose a résonné différemment. J’y ai présenté mes photographies du Haut-Doubs et du Haut-Jura. Des images de territoire, de lumière, de saisons. Une façon de revenir aux sources de mon regard, et de réaliser à quel point ce territoire m’avait forgée.

Mais travailler avec les images des autres ne suffisait plus. J’avais envie de créer les miennes — et surtout, d’y mettre quelque chose que les paysages seuls ne pouvaient plus contenir : les êtres humains, leurs émotions, leurs histoires.

Ce que je crois profondément

Les images ont une valeur patrimoniale. Ce n’est pas une belle formule marketing — c’est une conviction que j’ai construite au fil des années, des séances, des visages que j’ai photographiés.

Dans vingt ans, dans trente ans, vos enfants regarderont les photos de leur naissance, de leur premier anniversaire, de votre grossesse. Ils verront vos visages à cet âge précis, votre façon de vous tenir, la lumière de ce jour-là. Ces images seront peut-être les seules traces tangibles de ce moment.

C’est ce que j’appelle le Patrimoine Photographique Familial — et c’est ce que je m’engage à créer pour vous, avec toute la sensibilité, la patience et l’exigence créative que ce travail demande.

Des archives familiales à la conviction patrimoniale

De G. à D. :  Ginette, Pierre, Marie-Louise (ma grand-mère), Louis

Cette sensibilité au patrimoine photographique, je ne l’ai pas construite uniquement dans les livres ou les formations. Elle vit aussi, concrètement, dans les boîtes et les albums que j’ai hérités de ma propre famille.

Je dispose des archives photographiques familiales — et j’ai entrepris leur numérisation, pour qu’elles ne se perdent pas. La plus ancienne image que j’ai entre les mains est datée de 1867 ! Il s’agit d’une photographie colorisée comme on en faisait beaucoup à l’époque. Mais elle est bien plus que cela : un visage, une époque, une vie dont il ne resterait plus rien sans ce rectangle de papier.

Tenir une photographie vieille de plus de cent cinquante ans, c’est comprendre viscéralement ce que signifie transmettre. Ce n’est pas une métaphore — c’est une expérience physique, presque vertigineuse. Et c’est elle, plus que tout, qui m’a convaincue que ce que je fais aujourd’hui dans mon studio a une valeur qui dépasse largement le jour de la séance.

J’ai d’ailleurs le projet de leur consacrer une page à part entière sur ce site — pour vous les faire découvrir, et partager avec vous ce voyage dans le temps. Affaire à suivre.

Le Haut-Jura : un choix de vie autant qu'un choix professionnel

Avant de poser mes valises à Foncine-le-Haut, j’ai voyagé. D’une région à l’autre, d’une vie à l’autre — comme si je cherchais quelque chose sans vraiment savoir quoi. Le Haut-Jura, je le connaissais déjà depuis plusieurs années : mon conjoint en est originaire, et j’y venais régulièrement depuis près de quatre ans avant que nous décidions, en 2018, de poser nos valises dans le Haut-Doubs. Puis le Haut-Jura nous a appelés — et cette fois, c’est là que tout s’est vraiment posé.

Parce que nous aimons la montagne. Profondément, viscéralement. La neige — même si elle se fait de plus en plus rare et que c’est une tristesse que nous partageons. Les vallées creusées par le mouvement des plaques tectoniques il y a des millions d’années, qui donnent à ces paysages une profondeur presque vertigineuse. La faune sauvage que l’on aperçoit au détour d’un sentier. Et cette façon qu’a la montagne de vous mettre au défi — marcher, grimper, transpirer, se dépasser physiquement — pour vous offrir en échange des panoramas à couper le souffle. Ce territoire, nous ne l’avons pas choisi par hasard. Il nous ressemble.

 
Ce territoire a quelque chose d’unique — une beauté sauvage et douce à la fois, des forêts de sapins qui semblent infinies, des prairies d’un vert profond, une lumière qui change d’une heure à l’autre et qui n’appartient qu’à ce coin de France. Et une communauté humaine chaleureuse, attachée à ses racines, qui accorde de la valeur aux choses simples et vraies.
 

C’est ici que j’ai décidé d’exercer mon métier. Non pas malgré la distance avec les grandes villes, mais précisément parce que ce territoire – et ceux qui y vivent – mérite un regard photographique attentif.

photographe haut-jura célie joubert

Merci

Vous savez maintenant beaucoup de choses sur moi — mon parcours, mes convictions, ce qui m’a amenée ici et ce qui guide mon regard au quotidien. D’autres choses resteront privées, et c’est très bien ainsi. Tout le monde a ses jardins secrets. 😊

Ce que je peux vous dire, en revanche, c’est que je mets tout ce que je suis — cette curiosité, cette sensibilité, cette exigence — au service de chaque séance. Je photographie les grossesses, les nouveau-nés, les familles, les mariages et les iris dans tout le Jura, le Haut-Doubs, la Franche-Comté et en Suisse romande.

Et si vous êtes arrivés jusqu’ici : merci. Vraiment. C’est une belle façon de faire connaissance.

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